La flamme olympique dans le chaos parisien. A deux reprises, les forces de l'ordre et les organisateurs escortant le relais de la torche ont dû l'éteindre et la mettre à l'abri dans un bus, en raison du nombre important de manifestants dans la capitale française.
La flamme a donc un temps progressé très difficilement à bord d'un autocar, transportée en réalité à l'aide de la lampe olympique, a confirmé l'ancien ministre des Sports Jean-François Lamour. Sur le parcours, les forces de l'ordre ont dû repousser, parfois vigoureusement, les manifestants. La préfecture de police a fait état vers 15h30 d'au moins une dizaine d'arrestations, mais que le comptage des personnes interpellées n'était pas terminé.
Selon le mouvement "Tibet libre", au moins 23 manifestants tibétains et français ont été interpellés par les forces de l'ordre.
Les forces de l'ordre ont également usé de gaz lacrymogènes à un endroit, et emmené un manifestant qui avait tenté de lancer de l'eau sur la flamme.
A 14h05, après déjà bien des péripéties, la flamme a été passée par le triple champion olympique de judo David Douillet à son successeur Teddy Riner, champion du monde des lourds, non loin du siège de France Télévisions et de Canal+.
La préfecture de police de Paris reconnaissait des "difficultés de progression", mais affirmait que la torche s'était éteinte d'elle-même, "pour des raisons techniques". Un cameraman d'APTN (Associated Press Television News) a pourtant vu la torche être éteinte par les policiers escortant le relayeur.
-Le premier incident a eu lieu au bord de la Seine, peu après le départ de la flamme de la Tour Eiffel, aux mains du premier relayeur, l'ex-champion du monde du 400m haies, Stéphane Diagana, lorsque le relais a été bloqué par un groupe de manifestants pro-tibétains.
-La seconde fois où la torche a dû être éteinte, elle était portée par une athlète en chaise roulante, alors que la procession sortait d'un tunnel et s'est encore une fois retrouvée face à un groupe de manifestants pro-tibétains.
-La torche a été éteinte une troisième fois quand la police a interrompu la procession par précaution, après avoir repéré un groupe de manifestants sur un pont où elle devait passer.
De nombreux groupes de défense des droits de l'Homme avaient appelé à manifester contre la situation au Tibet et l'atteinte aux libertés en Chine en général, et plusieurs actions étaient encore prévues avant la fin du parcours.
L'organisation Reporters sans Frontières (RSF) a de son côté déployé sur la Tour Eiffel une bannière avec son célèbre logo, les anneaux olympiques en forme de menottes. Les trois activistes qui étaient montés dans le pilier nord ont été interpellés vers 14h30, et la banderole a été décrochée peu après.
Avant même l'extinction de la torche et le déploiement de cette bannière, le parcours avait vécu un premier incident lorsque l'élu Vert de Paris Sylvain Garel avait tenté, à l'intérieur de la Tour Eiffel, de s'approcher de Stéphane Diagana en criant "liberté pour les Chinois". Il a été maintenu à l'écart par les forces de l'ordre.
"Il faut profiter du passage de la flamme pour dénoncer la situation en Chine", s'est justifié M. Garel. "Je suis intervenu avec un drapeau tibétain car il est inadmissible que les jeux se déroulent dans la plus grande prison du monde".
Avant le départ du relais, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées sur le parvis des droits de l'Homme au Trocadéro, en face de la Tour Eiffel. Les manifestants brandissaient des drapeaux tibétains et des banderoles frappées de slogans tels que "Sauvez le Tibet" ou "Agissons vite, le Tibet se meure".
Quelque 3.000 policiers étaient mobilisés dans la capitale française pour escorter la flamme sur son parcours de 28 kilomètres, jusqu'au Stade Charléty, qui devait être effectué par 80 athlètes relayeurs.