Un groupe de moines bouddhistes est parvenu à perturber la rencontre organisée à Lhassa par le gouvernement chinois, jeudi 27 mars, entre une poignée de journalistes étrangers et des Tibétains. Tandis qu'un représentant de l'administration du temple de Jokhang, l'un des plus importants centres bouddhistes du Tibet, tenait une conférence de presse, des moines ont réussi à se placer devant les caméras et ont dénoncé les "mensonges" des Chinois. Depuis mercredi, les autorités chinoises ont lancé une vague d'arrestations de Tibétains à Lhassa, dans le cadre des enquêtes menées autour des manifestations et émeutes du mois de mars.
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Des moines tibétains perturbent une visite de presse à Lhassa
Par John Ruwitch Reuters , jeudi 23h 30 PEKIN (Reuters) - Des moines tibétains ont perturbé jeudi un point de presse officiel dans un temple de Lhassa en accusant les autorités chinoises de mentir sur les troubles des deux dernières semaines et en soulignant que le dalaï-lama n'y était pour rien, ont dit des journalistes étrangers.
L'incident a mis dans l'embarras le gouvernement chinois, qui a conduit mercredi dans la capitale tibétaine un groupe de reporters étrangers triés sur le volet pour une visite de trois jours visant à montrer que le calme y était revenu depuis les violents incidents survenus le 14 mars.
Pékin affirme aussi que les forces de sécurité agissent avec modération face à la polémique internationale que suscitent les incidents et la réplique des autorités à l'approche des Jeux olympiques prévus en août à Pékin.
Des moines sont intervenus au beau milieu du point de presse animé par un administrateur du temple de Jokhang, qui est l'un des plus sacrés du Tibet et l'une des principales attractions touristiques de Lhassa.
"Une trentaine de jeunes moines ont fait irruption pendant le point de presse officiel en criant: 'Ne les croyez pas. Ils vous manipulent. Ils vous disent des mensonges'", a dit Callum MacLeod, reporter du quotidien USA Today, par téléphone.
La chaîne TVB de Hong Kong a diffusé des images de l'incident où l'on voit des moines en robes safran, certains en larmes, en présence des premiers journalistes étrangers admis au Tibet depuis les émeutes.
CONFINÉS DANS LEUR TEMPLE
Les moines ont dit ne pas avoir pu sortir du temple depuis le 10 mars, jour où des manifestations ont commencé à Lhassa pour le 49e anniversaire du soulèvement avorté contre la présence chinoise - après lequel le Dalaï-Lama, chef spirituel des Tibétains, s'est exilé en Inde.
"Ils ne nous croient pas. Ils pensent que nous allons sortir pour semer le chaos - casser, détruire, voler, brûler. Nous n'avons rien fait de tel - ils nous accusent injustement", a dit un moine. "Nous voulons la liberté, le dalaï-lama, nous exiler en Inde."
Selon Wang Che-nan, caméraman de la chaîne taiwanaise ETTV, l'incident a duré une quinzaine de minutes et des policiers sans armes ont ensuite emmené les moines dans une autre partie du temple, à l'abri des regards